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A forest/Play for today

 
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TOBERR
Administrateur


Inscrit le: 21 Avr 2004
Messages: 12023
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Mai 28, 2018 17:33    Sujet du message: A forest/Play for today Répondre en citant

A Forest
Une forêt

Come closer and see
Approche toi et regarde

See into the trees
Regarde parmi les arbres

Find the girl
Trouve la fille

If you can
Si tu peux

Come closer and see
Approche toi et regarde

See into the dark
Regarde dans le noir

Just follow your eyes
Suis simplement ton regard

Just follow your eyes
Suis simplement ton regard

I hear her voice
J’entends une voix

Calling my name
Qui appelle mon nom

The sound is deep
Le son est loin

In the dark
Dans le noir

I hear her voice
J’entends sa voix

And start to run
Et je me mets à courir

Into the trees
Parmi les arbres

Into the trees
Parmi les arbres

Into the trees
Parmi les arbres

Suddenly I stop
Tout à coup, je m’arrête

But I know it's too late
Mais je sais qu’il est trop tard

I'm lost in a forest
Je suis perdu dans une forêt

All alone
Tout seul

The girl was never there
La fille n’a jamais été là

It's always the same
C’est toujours la même chose

I'm running towards nothing
Je cours vers le néant

Again and again and again and again
Encore et encore et encore et encore

A Forest sort le 5 Avril 1980, avec pour face B Another Journey By Train (« du foutage de gueule » aurait dit Robert à propos de cette B-Side dans une interview. « Une façon de nous dissocier du son Cure précédent »). C’est le premier single de l’album Seventeen Seconds.

Quand il y repense, Robert dit : « sortir A Forest comme single était une bonne stratégie car il a eu de bonnes répercussions. On ne le sortait pas pour passer à la radio mais en fait, il a bien mieux réussi que les singles de Cure précédents. Je pense que Bill [Chris Parry] a alors accepté que j’avais atteint le moment où je savais exactement à quoi je voulais que le « son Cure » ressemble, et qu’après m’en être totalement éloigné, il était à nouveau entre nos mains. »

Le 24 Avril 1980, le groupe passe à Top Of The Pops. Là-bas, ils évitent les autres groupes et passent leur temps au bar. Robert a détesté Top of The Pops car il était dans une phase à il était vraiment « anti tout ce qui ressemblait à ça, anti pop ». Il ne voulait pas que Cure soit un groupe pop même s’il était convaincu qu’il fallait qu’ils fassent ce passage télé parce que, dit-il « je comprenais que si on ne le faisait pas, quelqu’un d’autre prendrait notre place, et ça ne faisait aucune différence pour la majorité des gens qui regardaient si on y jouait ou non. »

A l’écran, le groupe a semblé morose et désabusé (et c’était le cas). Robert avait mal à son pouce, qu’il s’était blessé en changeant une roue aux USA après une soirée, juste avant de prendre l’avion pour Londres en vue du passage télé.
Sur la scène, ils ont placé Lol au premier plan, qui était, selon Robert, dans une phase « visage de pierre ». « C’était ridicule. » Selon Lol Tolhurst, tout ce que l’on voyait à la télé, c’était l’énorme bandage de Robert sur le manche de sa guitare, c’était hilarant. » Robert aurait également dit dans une interview : « je n’arrive pas à croire combien c’était ennuyeux d’être là-bas. Vous savez les gens qui font « wouhou », je les déteste vraiment. Il faut qu’on me contienne physiquement pour m’éviter d’en venir aux mains parfois. »

En parlant de l’album, Robert explique que son but était de créer une humeur, une ambiance. Pas une série d’humeurs mais les différents aspects d’une seule et même humeur : “Our aim on this album was to create a mood. Not a series of moods, but different aspects of one mood.” Robert ne voulait surtout pas d’un album naïf et décousu, d’une collection de chansons embryonnaires comme avait pu l’être Three Imaginary Boys selon Robert.

Mais penchons-nous davantage sur le sens de la chanson.

Robert aurait dit dans une interview au magazine Rip It Up qu’il y aurait « 5 ou 6 interprétations différentes de ce dont parle A Forest. Il y a des phrases dans certaines chansons qui sont reliées à d’autres dans cet album ».
Il a déclaré au magazine Sounds qu’A Forest était basé sur un moment de son enfance puis plus tard, dans une interview pour Stand And Deliver, il aurait avoué avoir « inventé cette histoire à propos de moments vécus dans l’enfance, parce qu’elle semblait plus intéressante pour la presse quotidienne. Mais ça parle juste d’une forêt… ».

La chanson commence par une invitation au voyage : une invitation à entrer dans la forêt, une forêt où il suffit d’aller où le regard nous porte et nous guide pour y trouver ce que l’on cherche, dans la pénombre. Ici, une fille.
Notre aventurier s’y enfonce donc et commence sa quête. Il entend une voix qui l’appelle par son nom. Il se met donc à courir parmi les arbres pour la rejoindre. On l’imagine s’enfoncer dans cette nature labyrinthique sans lumière, se mettre à courir à l’aveugle. Dans nos esprits se juxtaposent pêle-mêle : la pochette du single, les courses effrénées hors d’haleine dans les bois des films d’horreur, avec pour seul guide une lampe torche dont le faisceau chaotique balaye les troncs des arbres et les yeux des créatures de la nuit, les poèmes de Victor Hugo (Dans la forêt), de Chateaubriand et de Neruda, Twin Peaks et sa forêt, majestueuse et luxuriante mais aussi monde mystérieux, inquiétant, dangereux...
Quand soudain, il s’arrête. La course prend fin brutalement au moment où il réalise qu’il est à la fois perdu, seul, et qu’il courait après quelqu’un ou quelque chose qui n’a jamais été là, après une illusion. Et pourtant, cela ne l’empêche pas de recommencer. De partir en quête… de réponses ? d’un absolu ? de la femme parfaite ? de l’amour ? de la perfection ? de l’harmonie ? …qui n’existent pas ou du moins qu’il ne trouve pas, qui restent inaccessibles. Comme un éternel recommencement, il court à chaque fois après quelque chose qu’il ne peut pas atteindre ou qui n’existe pas.

Si c’est « simplement » de forêt dont Robert nous parle dans cette chanson, alors allons voir un peu plus loin ce côté-là. Comme l’album qu’il a façonné, la forêt est un monde en soi, mais ambivalent, aux multiples facettes.
Lieu protégé et luxuriant, la nature y est vierge, foisonnante, pure et harmonieuse. C’est l’origine à laquelle on retourne. Maternelle et familière, elle accueille et apaise, procure calme et satisfaction. C’est un refuge loin du tumulte et un jardin d’Eden. Elle a une dimension sacrée et puissante, où les arbres relient le ciel à la terre, connectent le royaume des dieux au monde des humains. Elle est donc propice au songe, à l’introspection, au questionnement, où potentiellement on peut se perdre à force de chercher des réponses, de chercher une vérité, que l’on ne trouve pas toujours, et qui laisse place à la mélancolie, au désespoir et au néant.
C’est aussi un lieu de contes et de légendes, associé à la magie, aux rituels druidiques, chamaniques. Sa dimension occulte la rend mystérieuse, étrange, lointaine (une impression que donne d’ailleurs la réverbération sur la voix de Robert dans ce morceau et sur l’album en général), inconnue. C’est un lieu plein de promesses et de possibles.
Elle peut prendre une dimension beaucoup plus menaçante, surtout la nuit. C’est le labyrinthe où l’on se perd, seul, isolé, mais aussi où l’on peut faire d’étranges rencontres, parfois belles, parfois inquiétantes. C’est un lieu qui peut devenir hostile, sauvage, cruel. La retraite spirituelle se fait alors isolement, solitude, vulnérabilité.
La forêt incarne parfaitement l’inquiétante étrangeté, l’intime dont surgit l’étranger, l’inconnu, au point d’en être effrayante. Ne vous est-il pas arrivé, marchant seul dans un bois par un après-midi d’été, d’éprouver un frisson en entendant le craquement des aiguilles de pin sous vos pieds, un froissement d’ailes, ou simplement en prenant conscience de la présence de cette nature et de tout ce qu’elle abrite, là, autour de vous ?
Pour toutes ces raisons, la forêt est fascinante, un univers où tout peut arriver, en bien ou en mal.

Il est donc logique que notre héros s’y rende en quête de sa belle. Mais celle-ci reste insaisissable. Aurait-elle été transformée en laurier, comme Daphné cherchant à échapper aux poursuites d’Apollon dans la mythologie grecque ? Existe-t-elle seulement ? La quête se termine par une impasse, mais cela ne l’empêche pas d’emprunter d’autres chemins entre les arbres, même si cela se solde à chaque fois par un échec et un retour absurde à la case départ. Dans la forêt. Théâtre d’un rêve ou cauchemar récurrent.

Mais allons plutôt chercher de l’autre côté du miroir, sur l’autre face du vinyle. Si on reprend notre idée évoquée dans l’analyse d’At Night (que nous avions chroniquée il y a deux semaines) selon laquelle les morceaux se répondent entre eux sur l’album Seventeen Seconds, alors le Dr Jekyll d’A Forest-Mr-Hyde devrait donc être Play For Today (ou inversement).


Play For Today
La Comédie du Jour

It's not a case of doing what's right
Ce n’est pas une question de « faire ce qui est juste »

It's just the way I feel that matters
Il n’y a que ce que je ressens qui compte

Tell me I'm wrong
Dis-moi que j’ai tort

I don't really care
Cela m’est plutôt égal

It's not a case of share and share alike
Ce n’est pas une question de “partager à parts égales”

I take what I require
Je prends ce dont j’ai besoin

I don't understand
Je ne comprends pas

You say it's not fair
Tu dis que ce n’est pas juste

You expect me to act like a lover
Tu attends de moi que je me comporte comme un amoureux

Consider my moves and deserve the reward
Prends mes agissements en considération et mérite la récompense

To hold you in my arms and wait, wait
Que je te fais en te tenant dans mes bras et attends, attends

Wait for something to happen
Attends que quelque chose se produise

It's not a case of telling the truth
Dire la vérité n’a rien à avoir là-dedans

Some lines just fit the situation
Il y a juste des phrases qui collent bien à la situation

Call me a liar
Traite moi de menteur

You would anyway
Te le ferais quoi qu’il en soit

It's not a case of aiming to please
Ce n’est pas une question de vouloir faire plaisir

You know you’re always crying
Tu sais bien que tu pleures tout le temps

It's just your part
C’est juste ton rôle

In the play for today
Dans la comédie du jour

Le protagoniste apparait ici non pas comme le jouet du destin, mais celui qui joue, qui exerce son pouvoir. C’est le despote, le pervers narcissique, le bourreau d’une personne (une femme ?) qu’il dévalorise, fait attendre et dont il se moque, avec laquelle il entretient une relation qui manque de sincérité. Un égoïste qui pense d’abord à son intérêt, à sa satisfaction personnelle, sans parvenir à l’harmonie dans cette relation toxique et instable qui s’apparente à une pièce de théâtre (= a play en anglais) plutôt violente, faite de mensonge et d’hypocrisie, où les paroles sont blessantes et les marques d’affection rares et trompeuses. Il fait l’amer constat d’une insatisfaction permanente de part et d’autre dans son couple, entre accusations et reproches mutuels. Car l’autre protagoniste n’est pas complètement innocent et apparait comme un être capricieux, paranoïaque et en manque d’affection. C’est d’ailleurs peut-être tel que cette personne le perçoit qu’il se dépeint, par dépit et colère, comme le salaud qu’elle est persuadée qu’il est. Quoi qu’il en soit, encore une tentative d’accéder à l’absolu, à l’harmonie, mais qui n’aboutit pas.

Dans A Forest comme dans Play For Today, on retrouve les thèmes des secrets, de l’illusion et des faux-semblants semés tout au long de l’album. Si c’est d’amour qu’il nous parle, dans ces deux chansons, Robert nous laisse peu d’espoir : si c’est la pleine satisfaction ou la perfection à deux que l’on recherche, c’est peine perdue. Deux choix apparaissent : rester seul ou se résigner à être mal accompagné. (Ah bah merci Robert !)

Seventeen Seconds, la dernière chanson de l’album nous donne peu d’optimisme quant à l’issue de cette quête. Restée insatisfaite (« The wish never came true »), la seule solution possible pour trouver la paix semble alors être le suicide, la mort et avec elle la mort des rêves et de tout sentiment.

Heureusement, tout le monde sait que la perfection est un rêve qui n’existe pas, inutile, donc, d’en venir à cette extrême. Surtout qu’une humeur, même pour Robert, c’est très changeant… (Wild Mood Swings…), il faut donc garder espoir et foi en l’avenir!


Merci Claudia!
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MessagePosté le: Lun Mai 28, 2018 18:43    Sujet du message: Répondre en citant

Intéressant cette ambivalence entre les deux chansons, entre d’un côté un Robert (Le protagoniste principal), enfant, adolescent à la recherche d’absolu, de quête de l’Autre (« la Fille »…) et de l’harmonie avec la nature, avec une recherche d’idéal, une ouverture vers le spirituel voire le surnaturel qui aboutit à une impasse, où le protagoniste erre pour toujours…et de l’autre un personnage sombre, égoïste, désabusé et matérialiste qui est le parfait négatif du premier….

« Disintegration » a établi la jonction entre ces deux facettes de la personnalité de Robert, et c’est pour çà que pour moi, de tous, il est le plus abouti. Il mêle la quête d’absolu, la plénitude de l’homme au sein la nature avec des histoires de relations plus abouties, peut être grâce à l’acceptation des compromis nécessaires, du recul permettant de mieux vivre le quotidien.

Robert aura ainsi tout dit dans cet album sur son for intérieur, il y ajoutera par la suite de la joie de vivre dans les albums suivants, puis il essayera après 2000, avec plus ou moins de bonheur, de recréer, revivre ces conflits internes en y arrivant de manière splendide sur quelques chansons (et plus sur un album entier)..
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MessagePosté le: Lun Mai 28, 2018 21:06    Sujet du message: Répondre en citant

Y’a pas!!!! ça donne envie d’écouter Seventeen Seconds !!!! Cool
Merci PinkDream!!! Wink
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