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Disintegration

 
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TOBERR
Administrateur


Inscrit le: 21 Avr 2004
Messages: 12009
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Juil 02, 2018 17:33    Sujet du message: Disintegration Répondre en citant

La chanson du lundi (par Claudia):

"Disintegration"
Désintégration



Oh, I miss the kiss of treachery
Oh, le baiser de la trahison me manque
The shameless kiss of vanity
Le baiser éhonté de la vanité
The soft and the black and the velvety
La douceur et le noir et le velours
Up tight against the side of me
Serrés tout contre moi


And mouth and eyes and heart all bleed
Et la bouche et les yeux et le cœur saignent tous
And run in thickening streams of greed
Et ruissellent en flots de gourmandise toujours plus épais
As bit by bit it starts the need
Alors que peu à peu, le besoin se fait sentir
To just let go my party piece
De simplement laisser tomber mon petit numéro de cirque


(And I wonder why I insist)
(Et je me demande pourquoi j’insiste)


Oh, I miss the kiss of treachery
Oh, le baiser de la trahison me manque
The aching kiss before I feed
Le douloureux baiser avant que je me nourrisse
The stench of a love for a younger meat
L’odeur nauséabonde d’un goût marqué pour la jeune chair
And the sound that it makes when it cuts in deep
Et le bruit que la profonde coupure produit
The holding up on bended knees
L’attente à genoux
The addiction of duplicities
L’addiction des duplicités
As bit by bit it starts the need
Alors que peu à peu, le besoin se fait sentir
To just let go my party piece
De simplement laisser tomber mon petit numéro de cirque


But I never said I would stay to the end
Mais je n’ai jamais dit que je resterais jusqu’à la fin
So I leave you with babies and hoping for frequency
Alors je te laisse avec les bébés et l’espoir de les voir fréquemment
Screaming like this in the hope of the secrecy
Hurlant comme ça dans l’espoir du secret bien gardé
Screaming me over and over and over
Moi hurlant encore et encore et encore
I leave you with photographs, pictures of trickery
Je te laisse les photos, reflets de la supercherie
Stains on the carpet and stains on the scenery
Des taches sur le tapis, des taches sur les lieux du crime
Songs about happiness murmured in dreams
Des chansons sur le bonheur murmurées en rêve
When we both of us knew how the ending would be
Quand nous savions tous les deux comment cela finirait


So it's all coming back round to breaking apart again
Alors on y revient toujours, à la rupture à nouveau
Breaking apart like I'm made up of glass again
Je me brise comme si j’étais fait de verre à nouveau
Making it up behind my back again
Rattraper les choses en les dissimulant derrière mon dos à nouveau
Holding my breath for the fear of sleep again
Retenir mon souffle de peur de m’endormir à nouveau
Holding it up behind my head again
Remiser tout ça au fond de mon esprit à nouveau
Cut in the deep to the heart of the bone again
Plonger la lame jusqu’à la moelle à nouveau
Round and round and round and it's coming apart again
Tourner en rond encore et encore et ça se disloque à nouveau
Over and over and over
Encore et encore et encore


And now that I know that I'm breaking to pieces
Et maintenant que je sais que je tombe en lambeaux
I'll pull out my heart and I'll feed it to anyone
Je vais m’arracher le cœur et le donner en pâture à n’importe qui
I'm crying for sympathy, crocodiles cry
Je pleure pour recevoir de la compassion, des larmes de crocodiles
For the love of the crowd
Pour l’amour de la foule
And the three cheers from everyone
Et les trois cris d’encouragement de tout le monde
Dropping through sky
Dégringoler du ciel
Through the glass of the roof
Et traverser le toit de verre
Through the roof of your mouth
Traverser le palais de ta bouche
Through the mouth of your eye
Passer par la pupille de ton œil
Through the eye of the needle
Passer dans le trou d’une aiguille
It's easier for me to get closer to Heaven
C’est plus facile pour moi de me rapprocher du Paradis
Than ever feel whole again
Que de me sentir entier et complet à nouveau


But I never said I would stay to the end
Mais je n’ai jamais dit que je resterais jusqu’à la fin
I knew I would leave you with babies and everything
Je savais que je te laisserais avec les bébés et tout le reste
Screaming like this in the hope of sincerity
Hurlant comme ça en espérant la sincérité
Screaming me over and over and over
Moi hurlant encore et encore et encore
I leave you with photographs, pictures of trickery
Je te laisse avec les photos, reflets de la supercherie
Stains on the carpet and stains on the memory
Des taches sur le tapis, des tâches sur les lieux du crime
Songs about happiness murmured in dreams
Des chansons sur le Bonheur murmurées en rêve
When we both of us knew how the end always is
Quand nous savions tous les deux comment l’histoire se termine toujours
How the end always is
Comment ça se termine toujours à la fin
How the end always is
Comment ça se termine toujours
How the end always is
Comment ça se termine toujours
How the end always is
Comment ça se termine toujours
How the end always is
Comment ça se termine toujours
Always is
Toujours
Always is
Toujours


En 1989 je n’ai que huit ans à la sortie de l’album Disintegration et tout ce que je connais de The Cure, c’est le clip de de Close To Me qui me fait jouer de la musique (du moins, tenter) avec le peigne de mon père dans la salle de bains et celui de Lullaby, que je ne regarde que furtivement, entre mes doigts, les mains plaquées sur mon visage tant il me terrifie.

Disintegration, je ne l’écoute véritablement pour la première fois que vers la fin des années 90. Puis c’est entre mes vingt et vingt-cinq ans qu’il commence à m’accompagner quotidiennement. J’y retrouve toutes mes attaches et mes angoisses. Les paroles parlent de doute, d’instabilité, de souvenirs, de nostalgie, de relations complexes, tordues et vouées à l’échec, d’amour et de promesses brisées, de blessures difficiles qu’on aimerait pouvoir panser, oublier, de fatalisme, de renoncement et de recommencement, de “never” et de “always”, de “forever” et de “over and over”. De nombreux sentiments contradictoires qui naissent dans l’enfance pour éclore à l’âge adulte, quand on prend réellement conscience de ce qui compte pour nous, de ce à quoi on se raccroche et de l’inévitable fin, qu’elle soit toute proche ou loin là-bas tout au bout, de l’angoissante peur de la perte et du temps qui passe, inéluctablement, mais aussi de tous les stratagèmes que l’on met en place pour oublier, se voiler la face, sauver les apparences ou retarder l’échéance. C’est la fin des illusions d’une vie et d’un bonheur éternels. En écoutant cet album, une connexion s’installe en moi avec la musique de Cure, je m’y reconnais, je me sens proche de Robert Smith et cet album me réconforte autant qu’il me met face à mes peurs. Il me sauve de la noyade autant qu’il me maintient la tête sous l’eau. Quand je l’écoute, j’ai d’ailleurs (aujourd’hui encore) toujours le frisson, qui me traverse par vagues, des clochettes de Plainsong aux claviers d’Untitled.

Disintegration chanson éponyme et emblématique de l’album, est presque cinématographique.
Elle commence dans un éclat de verre et un petit cri de désespoir, suivis d’une longue intro instrumentale. Robert déroule alors un texte riche et construit, au rythme d’un riff de basse et d’un roulement de batterie lancinants.
La tension monte crescendo pendant trois couplets, le temps de planter le décor et les personnages, qui sont au nombre de deux (+ des enfants au milieu). Une relation complexe et cyclique (“over and over and over”, “again”…) où les périodes de crise suivent des moments plus apaisés, mais en apparence seulement. Une relation qui se disloque, où la sincérité fait désormais défaut et où les jours heureux ont laissé place à l’amertume et à la frustration.
Au quatrième couplet (“So it’s all coming back round to breaking apart again…”), tout se précipite. L’illusion n’est plus possible. L’écran de fumée se dissipe, et même si tout est du déjà vu, la rupture apparait comme inévitable et cette fois définitive. Fin imminente, crash annoncé.
Au cinquième couplet, climax de la chanson, Icare se brûle inévitablement les ailes. C’est la chute, physique et morale : une descente vertigineuse et douloureuse où l’on passe de l’infiniment grand (le ciel, le paradis), à l’infiniment petit (la pupille, une tête d’épingle). Restent des rêves, un cœur et une âme brisés et la conviction que toute plénitude est désormais impossible.
Le sixième couplet conduit à la « morale » pleine d’amertume de l’histoire, et la chanson se termine sur le constat cynique que les deux protagonistes savaient tous les deux comment cela se termine toujours à la fin, et que de toute façon, tout a une fin.
« Les histoires d’amour finissent mal, en général », c’est ce que semble nous dire la fin de cette chanson. Et celles-ci laissent des traces : le verre brisé, la lame qui plonge dans la chair, le cœur arraché, les désirs vampiriques égoïstes, le sang qui s’écoule... : un champ de ruines, une scène de crime tachée de sang. Et pourtant même si on connait le risque, on y va quand même, on essaye, on fait des efforts (ce que semblent faire les protagonistes dans la chanson, même si leurs tentatives se soldent répétitivement par un échec), à défaut de conserver le sentiment de plénitude que l’on ressent quand on est amoureux, et que naïvement installé dans sa bulle d’illusion (dont le confort lui manque d’ailleurs : “Oh, I miss the kiss of treachery”), on pourrait croire éternel. Alors on essaye de préserver ce qu’il reste, réparer, même ce qui ne l’est pas toujours, de compromis en petits arrangements avec sa conscience, jusqu’à ce que tout s’effondre. Il n’est pas facile de lâcher prise, même lorsque ce à quoi on s’accroche nous fait mal, et rien n’est simple. À commencer par la coexistence du sentiment d’amour et du désir de la chair, qui parfois (inévitablement semble-t-il, d’après le texte de la chanson), s’éloignent l’un de l’autre. “The aching kiss before I feed”, “the holding up on bended knees” = c’est la passion, l’amour fougueux des débuts de cette relation, l’attente et l’adoration de l’autre dont la présence et le baiser comblent chaque besoin. “The stench of a love for younger meat” = le désir d’une autre chair, étrangère à cette relation, provoque une scission et la rend donc illusoire, mensongère. C’est la fin d’un idéal d’amour durable et fusionnel à tous les niveaux que l’on pensait possible. Tout au long de la chanson, les images heureuses du passé sont filtrées par l’amertume et le sentiment prégnant d’une défaite difficile à vivre, qui remet en cause la possibilité, l’existence même d’un amour sincère. Les paroles brossent ainsi le portrait contradictoire d’un échec amoureux où le baiser est associé à la trahison et à la vanité, les souvenirs à la supercherie.
La chanson se termine comme elle a commencé, la bulle explose, dans un éclat de verre, bouclant ainsi la boucle.
Avec l’amour, la perte et la quête d’un absolu qui s’avère vaine et s’accompagne d’un sentiment de souffrance et de désillusion amère comme thèmes principaux, Disintegration s’inscrit parfaitement dans la discographie de The Cure. Malgré ces prises de conscience, Robert comme n’importe quel autre Homme n’aspire-t-il pas cependant à être heureux, aimé et être aimé ? La recherche s’arrête-t-elle donc ? Les albums qui suivirent semblent bien indiquer que non. Car en fin de compte, la dernière des illusions n’est-elle pas de croire qu’on les a toutes perdues ?

Merci Claudia!! 👍👍👍
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sly
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MessagePosté le: Mar Juil 03, 2018 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Il y parle aussi de la fin du groupe d'origine (l'ami d'enfance Lol Tolhurst).
J'avais aussi trouvé sur le net un poème d'un poète anglais assez court qui a pu inspirer Robert (y figurent les larmes de crocodiles), faut que je retrouve ça.
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Inscrit le: 10 Mar 2016
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MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 15:30    Sujet du message: Répondre en citant

avec la traduction, on s'aperçoit encore mieux du génie de Robert en tant que parolier!

merci Claudia, merci Toberr
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Vous lisez Minute?non? vous avez tord. Au lieu de lire tout Sartre, vous acheter Minute, vous avez à la fois la Nausée et les Mains Sales.
Pierre Desproges
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